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Des policiers de la sureté du Québec violent des droits inaliénables, sacrés, mais ils les violent au nom de qui?  

Des policiers de la sureté du Québec violent des droits inaliénables

La famille McSween: Jason, Albert et leur chien « Garçon » à la salle du conseil de l’hôtel de Ville de la ville de Disraeli, le 7 février 2024.

Par Hadj Zitouni, porte-parole       

Mouvement Action Justice, un organisme en défense des droits 

15 février 2024

Un couple contraint de quitter la région de la Montérégie après l’intrusion illégale d’agents de la Sûreté du Québec dans leur domicile. L’intervention policière a couté aux époux cinq côtes fracturées et un orteil en plus avec une sensation de bulle en permanence. Le couple s’est réfugié sur le flanc d’une montagne très éloignée dans le Nord-Est de Montréal pour tenter de refaire leur vie et peut-être un jour d’oublier ce qu’ils leur étaient arrivés.

Peter M. un ex-policier, enquêteur aujourd’hui à la déontologie policière fut désigné pour mener une enquête dans ce dossier. Il nous a donné rendez-vous à l’hôtel de ville de la ville de Disraeli, approximativement à 20 minutes de route de la nouvelle résidence du couple McSween. Ce dernier nous a livré un témoignage accablant, rempli d’émotions.  

Le droit au respect de la vie privée est inaliénable. 

Le couple Jason et Albert, la famille McSween était confortablement assise sur leur canapé du salon. Ils regardaient la télévision quand des coups exaltés à l’état de l’hystérie se sont succédés à leur porte. La sonnette était hors d’usage. Jason ne supportait plus son bruit. Mais à ces cognements explosifs, la première réaction de Jason était de se réfugier dans la chambre à coucher. Recroquevillé dans un coin, il tremblait comme une feuille et bien qu’il eût tenté de se boucher les oreilles, le bruit assourdissant l’atteignait en coup de tonnerre. Jason s’accrochait à sa vapoteuse, il aspirait à fond, le drip tip brulait ses lèvres. Il n’arrivait pas à se calmer et il était encore loin d’être guérie d’une agression précédente qui lui a causé un trouble de stress post-traumatique sévère. 

À cette visite surprenante, Albert est allé en trébuchant ouvrir la porte d’entrée de son logement. En s’y approchant, il entendait des voix qui se succédèrent presque dans les mêmes termes : C’est la police ouvrez la porte tabarnak, crisse, sinon nous allons la défoncer ». 

 Albert n’a pas tardé à ouvrir la porte, mais à peine après avoir actionné la serrure et tourné le verrou, la porte le projeta en arrière. Il se souvient de trois policiers ou quatre qui ont brutalement fait éruption dans son logement. Il se rappelle également d’avoir été soulevé dans les airs puis, d’être projeté, la tête en premier sur les marches de ses escaliers. Il ne réalisait pas encore ce qu’il lui arrivait. Quand les policiers de la sûreté du Québec de la Montérégie, district sud ont tenté de le menotter, il criait fort en les informant qu’il porte une attelle au poignet et qu’il a eu une chirurgie au niveau de l’épaule. De ce fait, il ne pouvait pas obtempérer à l’ordre de tourner le bras en arrière du dos. Or, les agents de la SQ ont poussé un peu fort et Albert fut menotté. Une douleur vive, atroce s’est accentuée au niveau de son thorax. Elle lui faisait oublier le mal de son épaule. Albert ne se rendait pas compte que cinq de ses côtes venaient d’être brisées sur les marches d’escaliers. 

Jason avait entendu les cris de détresse de son conjoint. Il était devenu furieux. En se déplaçant d’une pièce à l’autre. Il ne lâchait point sa vapoteuse qui s’agrippait à ses lèvres chaque fois que ses poumons se vidaient. 

Soudain, Jason croisa un policier à l’entrée de la cuisine. L’air affolé, le policier pointa Jason avec une arme. Il lui cria de lâcher l’objet qu’il avait en main, sinon il allait lui exploser la cervelle. Jason ne sentait plus ses jambes. Il tenta en vain de désigner une ordonnance médical aimantée à la surface du frigo. Il s’accrocha encore un instant au mur puis ses bras vidés de toute force tombèrent le long de son corps. Le policier rangea son arme et fonça sur lui en l’écrasant sur le mur. La tête de Jason heurta la paroi cloisonnée puis il s’effondra au sol. Deux autres policiers étaient arrivés en renfort. L’un un peu trop excité marcha sur le pied de Jason.il s’immobilisa un instant. Le poids de son corps chancela dans un déséquilibre. Il descend sur un orteil. Il le brise en deux. Un hurlement puis rien.  

Les droits de la famille McSween sont violés en vertu de la Charte canadienne et quoi encore?

Les voisins de Jason et d’Albert ne sont pas à leur premier appel d’appeler la police. Ils se plaignaient des bruits de chicaneries. Ce jour-là, il y avait effectivement une dispute de couple. Cette fois-ci, c’était pour les frais d’une épicerie. Jason reprochait à Albert des dépenses inutiles. Une chamaillerie qui arrive souvent dans la vie des couples. Jason s’est protesté à voix haute. Albert avait riposté en justifiant les dépenses.  Quelques minutes après, les tourtereaux étaient réconciliés et se sont assis tranquillement devant une émission de télé, l’un dans les bras de l’autre. Le couple construisait un amour à leur image loin des regards. Ils ne cherchaient rien d’autre que de s’aimer. Les voisins chuchotaient, murmuraient, guettaient les vas et vient de la famille McSween, même la nuit ils les épiaient à la loupe. Cet amour piquait au vif la curiosité des voisins. Ce genre de couple les dérangeaient, les énervaient…Auparavant, les policiers de la SQ de la Montérégie Sud avaient déjà visité les McSween pour une histoire de projecteur (spotlight) allumé en permanence. Jason ne supporte pas le noir. L’obscurité augmente son stress. Les voisins cherchaient à tout prix à la faire éteindre la nuit et pour de bon.  

La famille McSween n’a aucun casier judiciaire, aucune trace de violence, sinon à la moindre chicane, les voisins ont une jouissance à se plainer et appeler la police. 

Lors de ces interventions démesurées, les policiers de la SQ ne prenaient aucune précaution, aucune prudence. Ils fonçaient dans l’intimité du couple, ils fouillaient leur logement, ils les interrogeaient, ils les harcelaient … puis ils quittèrent les lieux en mettant toute la chambre, le salon, la cuisines en désordre.  

Quand les agents de la SQ ont trainé Jason à son tour à l’extérieur, les voisins étaient accoudés à leurs balcons. Ils consommaient le spectacle de l’humiliation. Une quatrième voiture de patrouille arriva. Conclusion, les suspects, Jason et Albert sont relâchés aucune charge ou contravention a été notée. Toutefois à la toute dernière minute, les policiers de la SQ de la Montérégie Sud ont décidé de séparer le couple, interdisant à Jason de retourner à son logement. À ce moment précis, Jason avait un besoin criant de rentrer chez lui, d’étreindre son conjoint dans ses bras… Hormis, la police de la SQ a décidé autrement. Jason était conduit chez sa mère en voiture de patrouille contre son gré à plusieurs kilomètres de son domicile conjugal.  Devant le seuil de cette mère ébahie par la présence policière à une heure aussi tardive, Jason s’est senti profondément humilier, abaisser. Il franchissait la porte en boitant.

Le lendemain, Albert a reçu la visite de deux sergents de la SQ. Ils sont venus s’excuser. 

Quelques jours après, la famille McSween décida de plie leurs bagages et partir. L’expérience demeurait terrifiante.  Le couple quitta les voisins, le poste de la SQ de la Montérégie sud, quartier, ville… presque tout ce qui voulait éteindre leur amour, leur bonheur. Persécutions et répercussions ont eu le dessus sur les McSween. Quand ceux qui sont supposés de les protéger, les agressent, violent leur dignité et leur honneur, le chemin du départ et l’effacement deviennent une libération.

Les McSween ne parviennent pas à oublier. 

 Jason et Albert se sont réfugiés dans la région de la Chaudière Appalaches sur le flanc d’une montagne. C’est de là qui m’ont appelé pour enregistrer leur plainte au bureau de la déontologie policière. L’écho de cette dénonciation parvient au bureau de la commissaire. Celle-ci déclencha une enquête administrative. Peter M, un ancien policier fut désigné enquêteur. Les McSween ont été convoqués à l’hôtel de ville de la ville de Disraeli, lieu de rencontre, pas loin de leur nouvelle demeure. Albert a livré un témoignage précis, accablant et sans détours. 

Quand c’était le tour de Jason de témoigner, l’enquêteur Peter M. lui a coupé la parole à plusieurs reprises. Il cherchait à le rassurer, mais Jason avait beaucoup de difficulté à garder son calme. Son témoignage fut empreint de douleurs déchirantes. Il n’arrêtait pas de pleurer. Il revivait pleinement les moments de l’intervention policière. Il avait vraisemblablement trop souffert. 

Nul ne ment autant qu’un policier.

Ils ne sont pas tous des menteurs les policiers, mais ils finissent par le devenir, surtout quand ils sont pris dans l’étau. Dans ce dossier qui porte le numéro d’évènement (099221208004). Peter M. l’enquêteur à la déontologie policière, nous apprenait que les quatre policiers mises en cause, Lefrancois, Dion, Rousseau, Bacon se sont mis d’accord pour dire qu’une fois arrivé au domicile des McSween, ils ont entendu : lâche-moi, lâche-moi … 

Entendant cette déclaration, le couple McSween n’en revenait pas. Il s’est demandé où les policiers sont allés chercher un tel mensonge? 

Même les menteurs policiers les plus aguerries, une fois devant les tribunaux, ils risquent d’être trahis par leurs mensonges. La noirceur des magistrats au Québec et ailleurs se rendent compte de cette constatation affligeante. Car le principe de l’inviolabilité du domicile ou de la violation de la vie privée est durement négociable. Voilà pourquoi, les quatre policiers sont allés chercher se fondement pour se protéger. Tous les policiers sans exception ont ces dispositifs à la porter des doigts pour s’en sortir en cas d’être épinglés.

Selon la charte des droits et libertés, vous avez droit à votre vie privée et votre demeure est inviolable. La demeure est peut-être le lieu le plus privé d’une personne où les policiers ne sont pas forcément les bienvenus.   

Constat final.

Sur ce flanc de montagne au Nord-Est de Montréal, un refuge et une quête de paix, le couple McSween, dans un paysage coupant le souffle, apprenait à vivre de nouveau. Jason a remplacé sa vapoteuse par un chien de thérapie. Ses crises d’angoisse démunissaient considérablement. Alors qu’Albert, une fois de plus, se prépare pour reprendre ses études. Et les deux amoureux espèrent que leur histoire serve à remettre le principe de l’inviolabilité du domicile au premier plan. Les policiers du SPVM, le service de la police de la ville de Montréal sont réputés également champions en matière des intrusions illégales.  

Les conciliations en déontologie policière sont-elles arbitraires et qu’est-ce qu’il dit le Ministre de la sécurité publique, M. François Bonnardel ?

M. François Bonnardel, Ministre de la sécurité publique et Me Mélanie Hillinger, Commissaire à la déontologie policière.

Hadj Zitouni, Porte-parole de MAJ.

Organisme en défense des droits

12 janvier 2024

Écrire ou modifier une loi, c’est aussi une manière pour le gouvernement de se tirer du bourbier surtout quand la loi devient indigne. Le plutôt serait le mieux pour l’abroger, la modifier, la réécrire non seulement parce qu’elle se fait inutile ou disproportionnée, mais le réveil et la prise de conscience de la société civile la pourchasse, la traque jusqu’à l’extinction. Ici, je n’évoquerai pas ces lois qui sont susceptibles à des interprétations larges servant de levier à des personnes en position d’autorité qui les transgressent sans souci aucun. D’ailleurs, nos tribunaux se chargent le plus souvent à de les mettre en exergue.  

La pensée humaine est réflexive et les lois, à tort ou à raison, suivent ce rythme en quête d’ajustement. Donc, rien n’est absolu, rien n’est tenu pour acquis. La vigilance de la société civile est de mise. Cependant, rédiger un texte de loi et l’adopter n’exige pas un grand effort au gouvernement quand la participation citoyenne est tenue à l’écart. C’est justement l’exemple de la loi 14 qui a été adoptée le 03 octobre 2023. Une loi modifiant diverses dispositions relatives à la sécurité publique et édictant la loi visant à aider à retrouver des personnes disparues.  

La loi 14 : des modifications antidémocratiques

Le Ministre de la Sécurité publique, M. François Bonnardel n’a pas souhaité s’exposer à cet exercice purement démocratique où les citoyens ont leur mot à dire. Autrement dit, ce que le ministre de la Sécurité publique nous a dit ouvertement par la mise en œuvre de cette nouvelle loi : « C’est moi qui m’en occupe de la sécurité publique au Québec et ça sera à moi, moi seul à décider de quelle manière elle devra se faire ».  Le ministre n’a pas seulement freiné la participation citoyenne à se prononcer sur la loi 14, mais il a été jusqu’à réduire au silence la porte-parole de l’opposition officielle en matière de sécurité publique qui ne faisait finalement que lui répéter les inquiétudes citoyennes à ce sujet.

Malgré son courage, la députée de Westmount-Saint-Louis a échouée à son tour de convaincre le ministre de la Sécurité publique, M. François Bonnardel de faire marche arrière devant ce qui est de mal en pire. Le projet de loi 14 porte une méconnaissance inouïe du terrain. Aussi, comment peut-on faire une loi qui s’applique à une population sans la consulter, sans l’inclure dans la réflexion? N’est-ce pas la population qui est désignée par cette loi? Est-ce qu’elle ne devrait pas être activement représentée quand il s’agit de son destin? Permettez-moi de rappeler, M. Le Ministre de la Sécurité publique que les membres de Mouvement Action Justice avait aussi demandé de le rencontrer en date du 27 avril 2023. Ils ont souhaité lui en parler, mais son obstination les a empêchés de lui apporter un éclairage de vérité.

La déontologie policière qui assure la surveillance du travail policier en matière déontologique pose un énorme problème au niveau d’éthique et du droit. En cherchant à surveiller et sanctionner les actions dérogatoires des policiers, elle aggrave vivement la souffrance des victimes de l’abus policier. C’est rare, même très rare de rencontrer un plaignant satisfait pour avoir eu recours aux services de la déontologie policière. Néanmoins, derrière les séances de conciliations obligatoire de la déontologie policière se cache un laboratoire d’expérimentation abominable où les plaignants de l’abus policier sont manipulés pour servir de formation continue sur mesure aux policiers fautifs. Depuis plusieurs années, j’assiste et j’accompagne les victimes à ces séances de conciliations imposées au nom d’une loi incohérente. Combien, je suis bouleversé par ce face à face, plaignant-policiers, qui ne fait que raviver des blessures inconsolables, indélébiles, lentes à se fermer psychiquement et incurables pour certains. Des rencontres qui se multiplient sans aboutir à aucune justice ou réparation. Hormis, les abrutis policiers qui réalisent les conséquences directes de leurs inconduites. À travers ce miroir, l’État aspire à l’amélioration de ses policiers.

Mais, de quel droit peut-on utiliser les plaignants comme cobayes de laboratoire de formation sur mesure pour les policiers?

Je l’affirme solennellement: il s’agit d’un crime d’État odieux, impardonnable. Un délit qui constitue un vrai obstacle au développement démocratique. La justice devrait lever le voile sur ces pratiques tout à fait inadmissibles. Les médias traditionnels à la botte du système ne soufflent pas un mot à ce sujet!

La loi 14 n’a été qu’une occasion pour le ministre de la Sécurité publique, M. François Bonnardel pour détourner le regard des citoyens de ce qui pourrait être affreux et abominable comme pratique à l’endroit des citoyens-victimes de l’abus policier. En définitive, le grand volet de la loi 14 n’apporte aucune amélioration à la sécurité publique. Il ne corrige point les aberrations faites au nom de l’État québécois en cette matière. Il ne ramène pas non plus de réformes réelles qui méritent de redonner confiance dans les institutions de l’État. Ces laboratoires érigés en séances de conciliation à coût réduit pour l’État devraient cesser leurs pratiques définitivement. Les victimes de l’abus policier n’ont pas à être exposées en souris de laboratoire à l’endroit de ces policiers qui profitent d’une impunité à dimension politique.

La quasi-totalité des plaignants qui ont participé dans ces laboratoires nommés à tort, séance de conciliation n’ont jamais remis les pieds dans les bureaux de la déontologie policière. Voilà qui pourrait faire disparaitre progressivement le tribunal administratif de la déontologie policière.

Le ministre de la Sécurité publique, M. François Bonnardel s’est bien lavé les mains en déposant plusieurs piliers de la loi 14 sur les épaules de Me Mélanie Hillinger, Commissaire à la déontologie policière en ajoutant qu’il lui faisait confiance à 110% pour relever le défi. Tenez, elle a carte blanche, Madame la Commissaire à la déontologie policière. Il faut qu’elle fasse des miracles, Me Mélanie Hillinger pour apaiser le mal de la population en matière de sécurité publique. N’est-ce pas un peu trop pour la commissaire qui cherche à tout prix d’apporter son lot à la paix sociale au Québec?

Elle suit une politique de prévention Me Mélanie Hillinger, mais à quel prix? Hélas! Elle-même ne cherche pas à le savoir. 

Dans la loi 14, le Ministre de la Sécurité publique se moque royalement de Me Mélanie Hillinger, Commissaire à la déontologie policière à plusieurs stades. Je préfère, pour le moment, n’en souligner qu’un seul.

Dans cette nouvelle loi, chapitre 20, article 31, M. le Ministre de la Sécurité publique, François Bonnardel renfonce le clou de la moquerie: « une plainte alléguant la conduite discriminatoire d’un policier peut être soumise à la conciliation, à la discrétion du plaignant ». Puis, il ajoute: « Le Commissaire doit tenir une enquête lorsque le plaignant refuse la conciliation ».

Moins de 200 enquêtes à la déontologie policière

Est-ce un aveuglement volontaire ou la simplicité d’esprit de notre ministre de la sécurité publique? Dans cet article de loi, M. François Bonnardel, nous dit clairement qu’il va épargner les personnes discriminées de ces laboratoires dits séances de conciliations. Il s’agit de deux poids deux mesures. Pour M. François Bonnardel, il existe deux catégories de citoyens et il veut épargner à l’une de ces catégories l’enfer de ces laboratoires appelés ironiquement séances de conciliations.  

Connaissez-vous le nombre de plaintes reçues par la commissaire à déontologie policière contre des policiers? Le nombre est fixé entre (rapport annuel 2022-2023. Commissaire à la déontologie policière, page 39), 2407 et 2493 plaintes et si nous incluons le nombre de désistements, retrait de plaintes ou celles qui ne sont jamais complètement formulées par crainte de représailles. Nous pouvons facilement atteindre les 4500 plaintes.

Maintenant, quel est le nombre d’enquêtes déclenchées annuellement par la commissaire à la déontologie policière? Réponse pour l’année 2022/2023 (rapport annuel 2022-2023. Commissaire à la déontologie policière. Page 51), 118 le nombre d’enquêtes décrétées. À travers toutes ses années d’exercices, le commissaire peine à dépasser de peu ce chiffre. Le budget demeure licou autour du cou du commissaire. Il ne peut franchir la borne dictée par son ministère. Ainsi, que l’État fait tout et à n’importe quel prix pour protéger les policiers.

Nous devrons nous rappeler aussi que le système de déontologie policière a été instauré dans la foulée d’une recommandation formulée par la commission des droits de la personne à la suite d’une enquête sur les relations entre les corps de police et les minorités visibles. Là, nous avons les deux pieds joints dans le plat de la discrimination raciale. Mais, M. François Bonnardel est allé encore plus loin en ouvrant le bal, ciel ouvert à la discrimination sans exception: je vous récite encore l’article 31 de ladite loi: « une plainte alléguant la conduite discriminatoire d’un policier peut être soumise à la conciliation, à la discrétion du plaignant ». « La commissaire doit tenir une enquête lorsque le plaignant refuse la conciliation ».

La loi définit 26 critères de discrimination :

L’apparence physique, l’âge, l’état de santé, l’appartenance ou non à une prétendue race, l’appartenance ou non à une nation, le sexe, l’identité de genre, L’orientation sexuelle…

Nous avons bien compris qu’aucune victime de l’abus policier ne souhaiterait aucunement participer à ce stratège de séances de conciliation. Alors que le ministre ordonne à la commissaire d’ouvrir des enquêtes chaque fois qu’une plainte allègue la conduite discriminatoire d’un policier. Par conséquent, combien de plaignants qui font partie de cette catégorie refuseront de participer à ces conciliations?  Quasiment, tous. Nous ne nous souhaiterions à personne de prendre ce chemin douloureux et en plus superflu! Pas plus que cette semaine (Dossier 23-1328. Séance de conciliation en date du 10 janvier 2024 à 14h, j’accompagnais une victime d’abus policier pour une conciliation obligatoire à la déontologie policière. La conciliatrice nous a invité pour une rencontre en privé préalable à la tenue de la séance de la conciliation ou la plaignante et policier mise en cause vont être face à face.  Elle a demandé à la plaignante de lui reformuler sa plainte verbalement et malgré de m’avoir objecté, la conciliatrice a poussé un peu fort son désir d’entendre à vive voix les doléances de la plaignante et pour conclure, la plaignante a éclaté au milieu de son récit en sanglots. C’était l’un de ces moments qui m’attriste le plus. Toutefois, le pire était quand la plaignante (L.B. Initial de la plaignante ) était obligée de réouvrir sa blessure une fois rendue autour de la table de la conciliation. Les larmes n’ont pas cessé de couler sur ses joues qui étaient entièrement enflammés de rougeur. Il y avait beaucoup de colère, beaucoup de reflet d’impuissance qui s’exprimaient à la longueur de son récit.  Il faut reconnaitre que cet exercice de laboratoire de la déontologie policière n’est d’autre qu’une vraie torture psychologique finement détourné pour des fins de formation à l’endroit des policiers.

Environ, des centaines et des centaines de plaignants, si ce n’est pas plus qui vont souscrire dans cet ordre d’appel offert par la nouvelle loi de ne pas vouloir participer aux conciliations.  

J’imagine que Me Mélanie Hillinger, la Commissaire à la déontologie policière est allée voir le ministre de la sécurité publique pour lui demander de mettre un peu d’eau dans son verre. Pourquoi? Parce qu’elle savait qu’il a les pieds à l’envers. L’article 31 est discordant au son d’une cloche ridicule de M. le Ministre.

Le sort des victimes plaignantes dans le fossé

Finalement, il se moque des gens, monsieur le Ministre de la Sécurité publique. Personne ne souhaiterait être à la place de Me Mélanie Hillinger, Commissaire à la déontologie policière. Comment elle va sélectionner son quota annuel d’enquêtes? Quel est le sort des victimes-plaignantes qui ne seront pas triées dans ce quota de casse-tête? Des conciliations obligatoires les attendront au bout du couloir.

Une chose est certaine, le Ministre de la sécurité publique, M. François Bonnardel vient d’ouvrir un grand fossé pour enterrer Me Mélanie Hillinger vivante dans un sentier inaccessible loin des regards et l’impunité policière suivra son cours sans contrariété aucune. 

L’honorable Steven Guilbeault et le prix à payer pour être ministre

L'honorable Steven Guilbeault lors de sa visite à MAJ le 10 novembre 2023
L’honorable Steven Guilbeault lors de sa visite à MAJ le 10 novembre 2023

La reprise de la mission de Mouvement Action Justice (MAJ) dans ses nouveaux locaux a Fullum-Harmony fut marquée par la visite d’ouverture de l’honorable Steven Guilbeault, Ministre de l’Environnement et du changement climatique du Canada. Le Mouvement Action Justice venait tout juste de rejoindre le projet de Fullum-Harmony lorsque plusieurs organismes ont manifesté leur volonté de se rassembler sous une enseigne utilitaire afin de mieux servir la population à travers le Québec. L’atterrissage au pied de cet étendard s’est fait en douceur, sans complications majeures. Au sein de l’espace Fullum-Harmony, nous occupons dorénavant les chambres des frères du Sacré-cœur. Nous baignons encore et d’une manière étrange dans la présence mystique de l’absent.   

Acheté à vil prix par les hyènes de l’immobilier, la demeure à caractère religieux est rapidement transformée en bureaux pour des locations à long terme, salles de réunions et espaces communautaires… Toutefois, malgré ce virage amorcé en guise d’aide aux citoyens, le sanctuaire conserve encore les empreintes d’un mutisme qui pèse lourdement malgré le vrombissement des nouveaux occupants.

L’honorable Steven Guilbeault n’a pas tardé à aller à la rencontre de ces organismes à but non lucratif désormais dans sa circonscription, Laurier-Sainte-Marie, probablement dans l’optique de connaitre ces nouveaux occupants, gagner leur confiance, leurs voix. A cet effet, l’honorable Steven Guilbeault, a rendu visite à au moins deux organismes à Fullum-Harmony : le CRIC, carrefour de ressource en interculturel qui vient en aide aux personnes nouvellement arrivées au Québec et notre organisme, le MAJ, Mouvement Action Justice, un organisme en défense des droits. Le CRIC avait d’ailleurs réservé à cette occasion un accueil chaleureux au ministre de l’environnement et du changement climatique du Canada, qui avait l’air content.

Le militantisme et l’engagement citoyen de l’honorable Steven Guilbeault sont remarquables. Vingt-cinq ans de militantisme écologique et une lutte acharnée pour faire face aux changements climatiques sont autant d’éléments démontrant que la protection de notre planète est au cœur des préoccupations de ce leader. Néanmoins, la nécessité d’opérer ce virage vert en urgence demeure un défi de génération ! Mais l’entrée en politique de l’honorable Steven Guilbeault en 2019 l’a légèrement fait dévier de sa trajectoire initiale. Lors de sa visite du 10 novembre 2023 dans nos locaux, le Mouvement Action Justice l’a interrogé à ce sujet. L’honorable Steven Guilbeault nous a offert une réponse très directe, sans détour et remarquablement sincère. En inclinant légèrement sa tête vers le sol, le ministre de l’environnement et du changement climatique du Canada nous a indiqué: « en politique, il faut faire des concessions, sinon ce n’est pas la peine d’y aller. »

La réponse de l’honorable Steven Guilbeault remet en question le principe de l’engagement militant : est-ce qu’on peut trahir nos principes, nos valeurs après avoir été élu par le système démocratique ?

Selon l’honorable Steven Guilbeault, il faut se lancer dans l’arène politique si on veut que les choses bougent et pour cela, il y a un prix à payer. Monsieur le ministre n’avait pas l’air très fier et satisfait. Toutefois, il assume avoir renoncé à certains de ses principes qu’ils lui sont chers en se défendant du mieux qu’il pouvait. Ses arguments restent malheureusement questionnables.

Les militants de Mouvement Action Justice ont eu plaisir à discuter avec l’honorable Steven Guilbault, ministre de l’environnement et du changement climatique du Canada. L’homme était remarquablement humble, franc et direct. Il s’est finalement éclipsé avec un sourire laissant en suspens la question de savoir si un militant engagé peut partialement ou totalement délaisser ses valeurs et principes une fois rendu en politique.

Le Mouvement Action Justice préfère ne pas répondre à cette question et donne libre cours à la réflexion personnelle des lectrices et lecteurs.

Hadj Zitouni, porte-parole

Un projet de loi aux dépens des victimes d’abus policiers

Article du journal Le devoir: « Un projet de loi aux dépens des victimes d’abus policiers. »

Image obtenue à partir de l’article susmentionné.

Jacques Nadeau archives Le Devoir Un projet de loi visant à réformer la Loi sur la police ne permettra plus à des tiers d’adopter le statut de plaignant.

Crédits d’article au journal Le devoir : https://www.ledevoir.com/societe/796621/abus-policiers-un-projet-de-loi-aux-depens-des-victimes-d-abus-policiers

Bien que les plaintes déposées par des tiers au nom de victimes ne représentent qu’un petit pourcentage des dossiers traités par le Commissaire à la déontologie policière, ces plaintes donnent le plus souvent lieu à des sanctions. Pourtant, le projet de loi visant à réformer la Loi sur la police ne permettra plus à ces tiers d’adopter le statut de plaignant. Plusieurs organismes ainsi que Québec solidaire craignent que ce changement n’empêche des policiers délinquants de faire face au Comité en déontologie.

Par exemple, sans l’aide d’un citoyen inconnu, les agents impliqués dans la mort de David Tshiteya Kalubi, décédé en détention à la Cour municipale à Montréal, en 2017, n’auraient jamais été condamnés.

Ce fut une surprise, mais surtout un soulagement pour la mère de M. Kalubi, Mbombo Tshiteya, lorsqu’elle a reçu l’appel d’Alexandre Popovic, de la Coalition contre la répression et les abus policiers (CRAP), pour lui annoncer qu’il avait lui-même déposé une plainte déontologique contre les policiers impliqués dans le décès de son fils. Alexandre Popovic figure d’ailleurs parmi les plaignants les plus prolifiques du système de déontologie policière au Québec.

« Je me suis dit : “Enfin, il y a quelqu’un qui nous a entendus pendant qu’on hurlait, qu’on ruminait intérieurement et qu’on était broyés par la tristesse qu’on ressentait. Il y a des gens qui ont compris ça !” » s’exclame Mme Tshiteya, en entrevue avec Le Devoir.

Les agents ont été condamnés le 31 janvier dernier par le Comité de déontologie policière, qui les a reconnus coupables « de négligence et d’insouciance à l’égard de la santé et la sécurité de monsieur Kalubi », ainsi que d’avoir « présenté une déclaration qu’ils savaient fausse et inexacte au BEI [Bureau des enquêtes indépendantes], qui tentait d’éclaircir les circonstances du décès de monsieur Kalubi à la suite de leur intervention à son endroit ».

Le jeune homme de 23 ans a en effet été retrouvé sans vie dans sa cellule le matin du 8 novembre 2017 après une attaque cardiaque. Bien qu’il eût indiqué qu’il souffrait d’anémie falciforme et qu’il avait besoin de ses médicaments, cela n’a jamais été noté par les policiers dans son formulaire d’admission destiné à la cour, a reconnu le comité dans sa décision.

« Ça, c’était émouvant pour moi. On avait la réponse : ils sont coupables », soupire Mme Tshiteya.

Vers un nouveau système de signalements

Les modifications proposées par le projet de loi 14, déposé en mars par le ministre de la Sécurité publique, François Bonnardel, seront à l’étude l’automne prochain. Ces changements empêcheront notamment des plaignants tiers comme Alexandre Popovic de porter plainte au nom de ceux qui meurent à la suite d’une intervention policière. Seuls les victimes ou les témoins directs d’une intervention seraient désormais en mesure de déposer une plainte. M. Popovic craint que ce changement ne fasse que réduire la possibilité pour des familles de victimes comme M. Kalubi d’obtenir justice.

Le projet de loi prévoit que les personnes effectuant un signalement au nom d’un tiers ne bénéficieront plus des privilèges accordés aux plaignants, comme le droit d’ordonner une révision d’une décision, d’être informés de la raison pour laquelle leur demande d’enquête a été rejetée, ainsi que le droit de suivre le déroulement d’une enquête.

M. Popovic prend le statut de plaignant tiers depuis plus d’une vingtaine d’années et a souvent demandé la révision des décisions rendues par le Commissaire à la déontologie policière.

« C’est une chose de décréter une enquête, mais c’est une autre chose de faire une enquête complète », dit-il. « Moi, je veux voir si l’enquête a été faite correctement. […] La confiance, ça rime avec la transparence », lance M. Popovic.

Il estime en effet que les quatre policiers impliqués dans la mort de Koray Kevin Celik, en 2017, n’auraient jamais été cités à comparaître devant le comité de déontologie pour usage excessif de la force. Après avoir mené une enquête, le Commissaire à la déontologie policière n’a pas recommandé que des accusations soient déposées.

« Si le projet de loi 14 avait été en vigueur à ce moment-là, je n’aurais pas pu demander au Comité de déontologie policière de faire la révision de cette décision », explique Alexandre Popovic.

« Ils n’ont pas parlé avec les parents qui ont été témoins », ajoute-t-il, en notant que l’enquête a seulement cité les déclarations des enquêteurs policiers et du BEI. Il attend avec impatience le verdict du comité.

Le cabinet du ministre Bonnardel a fait savoir par courriel au Devoir que le projet de loi vise à réduire les délais, pour que davantage de causes soient entendues.

« Toute personne qui souhaite porter à l’attention de la commissaire un comportement répréhensible d’un policier pourra le faire, a écrit Geneviève Tremblay, conseillère au cabinet du ministre. Toutefois, nous proposons de donner un privilège exclusivement à ceux qui sont directement impliqués dans une situation afin qu’une enquête soit effectuée systématiquement. »

Le Commissaire à la déontologie policière n’a pas souhaité accorder d’entrevue au Devoir au sujet du projet de loi, préférant attendre son adoption. Cependant, en avril dernier, la commissaire, Mélanie Hillinger, a salué en commission parlementaire le nouveau système de signalement proposé par le ministre Bonnardel, tout en notant qu’il fallait des ressources additionnelles pour assurer l’implantation des réformes.

« Une plainte déposée par un plaignant ou un signalement fait par un signalant seraient traités avec la même rigueur », a tout de même tenu à souligner par courriel Me Michelle-Audrey Avoine, porte-parole du Commissaire à la déontologie policière. Elle précise que les plaignants directs auront encore le droit d’être accompagnés par des organismes communautaires dans la rédaction et le dépôt de leurs plaintes, ainsi que durant les séances de conciliation.

L’Association des directeurs de police du Québec (ADPQ) est elle aussi favorable à un système de signalements. « Le Commissaire peut déclencher une enquête », souligne le directeur général de l’association, Didier Deramond.

Pourcentage qui porte ses fruits

En 2020, dans le cadre des consultations organisées par le gouvernement pour une réforme majeure du système policier, le Commissaire à la déontologie policière a déposé un mémoire dans lequel il indique qu’un plaignant tiers (qui n’a pas été identifié) a déposé 261 plaintes entre 2015 et 2020. « 48 % [des plaintes formulées par cette personne] ont fait l’objet d’une enquête, et plus d’un tiers de ces enquêtes menées se sont conclues par le dépôt de citations devant le Comité, le Commissaire estimant avoir une preuve suffisante pour permettre d’établir un ou des manquements déontologiques », indique-t-il.

Selon une étude menée par le Département de criminologie de l’Université de Montréal en 2021, alors que les dossiers portés par des plaignants tiers ne représentaient que 3,2 % de l’ensemble des dossiers déposés en déontologie policière entre 2015 et 2020, ils représentaient 27,3 % des dossiers ayant mené à une citation devant le Comité de déontologie policière. De plus, 44,4 % des dossiers qui ont entraîné une sanction pour le policier impliqué dans l’événement ont été déposés par un plaignant tiers.

Selon la même étude, ce sont souvent des proches qui portent plainte : 209 Québécois ont ainsi déposé une plainte sans avoir été témoins de l’intervention. Alexandre Popovic estime que l’impossibilité pour des tiers de porter plainte en déontologie va « favoriser une plus grande impunité policière au Québec ».

Le responsable de la clinique juridique Mouvement action justice, Hadj Zitouni, craint quant à lui que certains citoyens décident de ne plus porter plainte si le projet de loi est adopté. M. Zitouni représente souvent des victimes d’abus policiers qui ne souhaitent pas adopter le statut de plaignant.

« Quelqu’un qui est traumatisé, il ne peut pas porter plainte », fait-il valoir, précisant que les personnes qui se présentent à son bureau manquent d’expertise, ont peur des représailles ou ne sont simplement pas dans un état pour défendre leurs droits.

« Ce ne sont pas toutes les victimes qui peuvent le faire, ajoute M. Zitouni. Parce qu’il y a des itinérants, et des personnes qui meurent entre les mains du policier, puis qui ne portent pas plainte. Ou qui n’ont pas de famille. Qui va le faire à sa place, qui va [porter plainte] ? »

De son côté, Québec solidaire se dit prêt à se battre pour que le projet de loi soit amendé. « Il faut conserver le système actuel afin de s’assurer que les familles et proches des victimes décédées peuvent maintenir leurs recours à porter plainte », implore le député solidaire Andrés Fontecilla, porte-parole en matière de sécurité publique.

« S’il existe un Comité de déontologie policière, c’est justement pour permettre de consolider la confiance de la population envers les services policiers, déplore-t-il. Si la population perçoit qu’on a un système biaisé, qui est à l’avantage des policiers, et qu’il discrédite les plaintes déposées par les citoyens, la confiance dans les services policiers va diminuer. »

Convocation à l’Assemblée Générale Ordinaire 2023

Le conseil d’administration de Mouvement Action Justice a le plaisir de vous convier à la prochaine Assemblée générale de notre organisme, le samedi 17 juin 2023 à 11h00, dans la salle de conférence Henri Barnabé, 4245, avenue Laval, Montréal, H2W 2J6.

Note : l’assemblé générale annuelle 2023 de MAJ aura lieu en présentiel et en visioconférence via Zoom.

Veilleur nous contacter en avance afin de confirmer votre présence et pour des renseignements concernent votre participation.

La déontologie policière : l’insupportable épreuve du processus.

Par Hadj Zitouni, Porte-parole du Mouvement Action justice

Le 3 avril 2023

Alexandre Popovic, porte-parole de la CRAP, Coalition contre la Répression et les Abus Policiers et Hadj Zitouni, porte-parole de MAJ, Mouvement Action Justice. Discussion, lors de la Manifestation contre la brutalité policière du 15 mars 2023.  

«La déontologie policière, c’est une machine à rejeter des plaintes » Alexandre Popovic, porte-parole de la CRAP.[1]

Le 18 novembre 2021, une date qui est à marquer au fer rouge pour Vanessa C[2]. Elle n’est pas prête à l’oublier. Agressée et violée à plusieurs reprises par son ex-chum, elle avait fini, Vanessa C, par composer le 911. Elle voulait dénoncer son agresseur et demander de l’aide. Le SPVM a répondu à l’appel. La mère de Vanessa C ne voulait pas la garder chez elle. Histoire d’un conflit mère-fille qui persistait tant bien que mal. Désaccords et querelles interminables, voilà comment, Vanessa C. s’est retrouvée dans la rue. Elle a demandé à son ex-chum de l’héberger le temps de trouver un toit. 

Vanessa C. a toujours été malade. Elle est vulnérable, brisée en petits morceaux. De nos jours, elle est suivie en santé mentale.

Le 18 novembre 2021, les policiers ne l’ont pas cru. Et comme son ex-chum requérait son expulsion, les policiers lui ont ordonné de ramasser ses vêtements et de quitter les lieux. Désemparée, froissée et embrouillée, Vanessa tentait d’obtenir des explications. Elle a insisté. Elle voulait être écoutée. Mais rapidement, elle s’est retrouvée au sol. La prise de l’un des deux policiers agenouillés sur elle lui avait coupé le souffle. Elle l’informait qu’elle était en train de s’étouffer. Il lui passait les menottes, puis il la remettait sur pieds. 

Dehors, pieds-nus et sans manteau, Vanessa C. avait très froid. Elle pleurait. Elle était en état de choc. Une fois à l’intérieur de la voiture de police, elle réclamait ses souliers, son manteau. Ensuite, elle a demandé qu’on la conduise à l’hôpital. Le policier au volant la traite de folle.

La voiture de police s’immobilisait dans sa course sur la rue Hochelaga devant un centre d’hébergement pour femmes sans abri. Une fiche indiquait que le centre était complet. Les policiers reprirent donc leur route, cette fois vers le centre sud de Montréal. L’accès au pavillon Patricia Mackenzie pour les femmes sans abris étant plus accessible. Ils la déposèrent. Ils lui enlevèrent les menottes puis ils l’abandonnèrent.

Le lendemain, Vanessa C. se présentait au poste de police 22. La plainte contre son ex-chum fut retenue, celle contre les policiers, on lui demanda de s’adresser à la déontologie policière.

Quelques jours après, Vanessa C. fut transférée dans un autre centre d’hébergement. Des intervenants du PASM, Perspective Autonome en Santé Mentale tentent de s’occuper d’elle. 

Vanessa C. n’arrivait pas à faire disparaitre l’intervention policière de sa mémoire. Elle était hantée par l’attitude des policiers.

Le 17 mars 2022, la Ligue des Noires du Québec l’aidera à rédiger une plainte contre les policiers qui ont participé à son arrestation. Une correspondance s’ouvra. 

Aux alentours du 10 avril 2022, la déontologie policière demanda à Vanessa C. un complément d’informations : il était impossible d’identifier un troisième policier visé par la plainte. Vanessa C. précisa qu’il s’agissait d’une policière et elle tenta de la décrire. Toutefois, Impossible de la retracer. Le rapport de la police indiquait la présence de deux policiers seulement.

Le 11 octobre de la même année, un autre questionnaire s’ajoutait et le nom de Vanessa C. commençait à briller sur les correspondances. Vanessa C. nourrissait un espoir… Malgré des précisions et une mémoire par moment intacte, la déontologie policière refusa d’inculper une policière inconnue, fantôme. De ce côté, le dossier fut rapidement fermé.

Conclusion, on propose à Vanessa C. une date de conciliation avec les deux policiers impliqués. Elle est quasi obligatoire cette séance de conciliation. Si vous la refusez, votre dossier sera tout simplement fermé.  

Le 20 décembre 2022, Vanessa C. ne voulait pas aller seule à la rencontre de ces deux policiers. Elle était traumatisée. Le Mouvement Action Justice me désigna pour l’accompagner. Elle pleurait Vanessa C. tout au long de la réouverture de son récit.

Elle n’a pas oublié un seul bout de l’agression. Les deux policiers en face d’elle répétaient qu’ils ne se souvenaient pas tout à fait de l’événement. Néanmoins, ils s’excusaient en ajoutant qu’ils n’avaient aucunement l’intention de la blesser, de la maltraiter, de l’abandonner…

La conciliatrice, court-circuite, elle demande de nous rencontrer seuls, elle et moi, auteur de ces lignes et Vanessa C. On se déplaçait dans une salle avoisinante. La conciliatrice explique de nouveau le processus, rappelle les directives sur la confidentialité et demande à Vanessa C. si elle accepte la conciliation. Celle-ci sans hésitation aucune, refuse. Une fois retournée à la salle de rencontre, elle pleurait davantage Vanessa C. face aux deux policiers. Elle s’interrogeait sur le sort de la troisième policière qui l’a dénigré.

La conciliatrice persévérait sur le fait qu’elle n’a jamais existé cette troisième policière. Yeux exorbités, ahurie, Vanessa C. me regardait pleinement. J’ai demandé à questionner les deux policiers, la conciliatrice s’y est objectée, mais l’avocate de la fraternité policière n’y voyait pas d’inconvénient. Elle prenait son dossier à la légère, Madame l’avocate. Les policiers ont finalement reconnu l’intervention d’une troisième policière. Sauf qu’ils disaient ne pas connaitre le nom de celle-ci. La conciliatrice fut abasourdie. Elle réclama notre retrait de nouveau. Avec un sourire qui agrippait difficilement ses lèvres, elle nous informait qu’elle allait retravailler pour retracer la policière fantôme.  Quelques semaines plus tard, une autre séance de conciliation était programmée. La policière fantôme refait surface. Elle était en face de nous. Voilà une autre rencontre non souhaitée, similaire qui s’ajoute dans la vie de Vanessa C. : discussion, échanges, propositions, rejets, des pleurs, une blessure qui saigne de nouveau et la seconde plainte est rejetée également comme des centaines d’autres avant et après Vanessa C.


[1] https://pivot.quebec/2023/03/17/un-projet-de-loi-pour-la-police-aux-depens-de-leurs-victimes/

[2] Le prénom a été modifié pour des raisons de confidentialité.

Depuis quand le Québec éduque les immigrés?

Par Hadj Zitouni

Le 25 mars 2023

« On aura tendance à se tourner vers l’immigration. Mais Il faut loger ces immigrants. Les franciser. Les intégrer. Les éduquer ».  C’est un passage d’un article publié dans le journal de Montréal le 23 mars 2023 intitulé, Le modèle québécois va finir par craquer.

L’auteur avait amputé la chaîne de son wagon locomotive lançait un peu à la hâte en laissant derrière lui d’autres wagons d’une valeur inestimable. Je prends soin, dans cet article, de les rattacher à son train.  Voici ces wagons manquants avec leurs marchandises, indemnes : On aura tendance à se tourner vers l’immigration. Mais il faut les exploiter ces immigrants. Les vider. Les déraciner. Les condamnés, eux et leur postérité à demeurer Étranger à jamais. Ce n’est pas surprenant d’entendre d’un journaliste « plouc » une bourde de cette taille. D’ailleurs, notre « plouc » achève son article avec une note encore plus surprenante, cette fois allant jusqu’à proposer au gouvernement de François Legault de couper les dépenses concernant l’hébergement, l’intégration, la francisation, l’éducation de ces pauvres (yanomamis) qui débarquent vagues après vagues au Québec et qui sont devenus selon notre « plouc », un vrai fardeau pour l’économie québécoise. Wow! Quel abrutissement!

Dès le seuil de son article, notre « Plouc » n’était aucunement gêné de déclarer, « Je ne suis pas un expert en économie » et puis, il reprend cet aveu au moment de vouloir quitter son écrit. « Comme je l’ai dit, je ne suis pas un expert en économie ». Sauf qu’à peine fini cette phrase, le « plouc » glisse dans l’habit d’un expert qui chapote les experts en économie. Il a du culot notre « Plouc » d’aller même conseiller le premier ministre du Québec à couper dans des dépenses comme celles, par exemple, d’éduquer les immigrants. Le mot éduquer est révoltant et depuis quand le Québec éduque les immigrants? Haut de son gradin, le « plouc » avait déjà oublié l’histoire de ces ancêtres colons.

Prenons un peu de recul. Le Québec est fondé indiscutablement sur des vagues d’immigrations depuis le début du XVIIe siècle. Ces vagues se poursuivent de nos jours. Il faut bien admettre que c’est grâce à ces vagues d’immigrations que le Québec continue d’exister. Force est de constater que ces vagues se poursuivent de nos jours, successives, ininterrompues. Par contre à l’inverse du XVIIe, XVIIIe, XIXe siècles, Immigration Canada a soumis les gens, qui cherchent à immigrer sur ses terres, à des critères éliminatoires d’une grille de sélection rigoureuse. Acceptations faites sur mesures pour répondre à des besoins ciblés à court et longue terme.

L’équipage de l’empire PP, Richard, Mathieu, Sophie, Antoine, Normand, Sylvain, Denise… et j’en passe, sont les progénitures de ces vagues qui se sont succédées dans un temps lointain. Est-ce que les premières vagues de populations qui ont peuplé le Québec au XVIIe et XVIIIe siècles étaient à ce niveau de sélection, sinon étaient-elles réellement bien éduquées?

Incontestablement, la grille de sélection qui est imposée par Immigration Canada depuis le début du XXe siècle atteste que le niveau d’instruction et d’éducation des personnes qui immigrent au Canada est plus élevé que les vagues précédentes d’immigration.

Donc, le modèle québécois ne va pas craquer par les dépenses faites à réintégrer des candidats hautement qualifiés aspirant à devenir les futurs québécois, mais plutôt par le discours de ces « ploucs » qui se pensent meilleurs que les autres, alors que le Québec appartient à tous celles et ceux qui veulent être québécois.

La déontologie policière : l’émotion vibrante d’une femme aux commandes.

Par Hadj Zitouni, Porte-Parole

Le 17 janvier 2023

Me Mélanie Hillinger, Commissaire à la déontologie policière.

La déontologie policière est mise sur pied afin de surveiller et sanctionner les excès et les comportements dérogatoires des agents des forces de l’ordre. Elle favorise à plus de 90% les séances de conciliations, chemin quasi obligatoire pour les plaignants qui, au bout du chemin ne gagnent rien, sinon, raviver une plaie encore béante. Par contre, les policiers qui s’exposent à cet exercice font face à leurs victimes afin de constater l’ampleur de leurs inconduites. Jusque-là, nous sommes en mode prévention, alors qu’en réalité ces arrangements sont une continuité de formation sur mesure a un prix beaucoup moins couteux. Les victimes de l’abus policier deviennent des cobayes par excellence dans ces laboratoires de redressement. Cependant, ce déroulement aussi profitable soit-il pour le gouvernement, est incontestablement dévastateur pour les citoyens, puisque ces derniers pourraient se sentir trahit deux fois plutôt qu’une !

Me Mélanie Hillinger est nommée Commissaire à la déontologie policière le 27 avril 2022. Une promotion faite sans trop de bruit et tout à fait imprévue au départ. A-t-elle bénéficiait d’un coup de pouce pour obtenir ce poste ? De l’avoir rencontré personnellement, j’en doute fortement. Sa nomination a déstabilisé un rang habituellement destiné aux hommes. C’est la première fois en 33 ans de son histoire, que le Québec vient de désigner une femme a la tête d’un organisme qui veillera, pour les 5 prochaines années, au respect du Code de déontologie des policiers du Québec. Les médias non plus, n’y sont pas allé en fanfare pour souligner l’événement et le recours devant cette instance administrative qui demeure encore méconnue pour une grande partie de la population n’a pas aidé non plus. Pourtant, il est question de la paix sociale !

L’abus des agents des forces de l’ordre est devenu un vrai casse tête pour tout le monde. La confiance, cette composante vitale pour la relation pouvoir-citoyens est ébranlée à un point ou des victimes refusent carrément de faire appel aux services de la police de crainte que leurs demandes tourneraient au cauchemar voire même aux représailles. Malgré ce constat déplorable, les sondages et les rapports annuels du Commissaire à la déontologie policière indiquent clairement que la hausse des plaintes contre les policiers ne cesse d’augmenter d’une année à l’autre. Les chiffres sont troublants, voire préoccupants. Tandis que l’impunité policière gagne du terrain malgré l’alarme retentissante d’un réveille citoyen qui incite le gouvernement à agir rapidement. Malheureusement, un esprit archaïque s’agrippe en permanence aux assises du pouvoir et continue de faire croire que, défendre les policiers même s’ils transgressent les codes, les règles et les lois, assure la sécurité de l’état. Sachant également qu’ils représentent les « chiens de garde » et qu’il faut veiller à les abriter de tous soupçons, coûte que coûte, à tort ou à raison !  

En nous invitant le 10 janvier 2023, la nouvelle Commissaire a la déontologie policière, Me Mélanie Hillinger est partie sur les pas de son prédécesseur, Me Marc-André Dowd qui venait, à son tour, d’être nommé protecteur du citoyen. Elle aussi est allait à la rencontre des organismes en défense des droits. D’un mouvement désinvolte, elle glisse sur le terrain, cherchant à briser la glace qui pourrait lui embrumer la vue vers ou elle s’est engagée. Nous n’avons pas osé décliner l’invitation, en signe d’ouverture de part et d’autre. Elle est venue, Me Hillinger, nous accueillir à notre arrivée dans ses bureaux. Elle simulait le confort dans ses nouveaux souliers. Elle se filait d’un endroit a l’autre pour nous conduire à une salle de conférence. Un homme l’a suivi avec un calepin en main, l’air un peu gêné. Elle a tenu à garder son sourire, Me Hillinger, le plus longtemps possible, même s’il semblait légèrement forcé, puis ce sourire s’éteignait brusquement à la vitesse de l’éclair quand nous lui avons demandé comment elle a pu accepter un tel poste où la quête de justice entre force de l’ordre et citoyens est disproportionné et qu’avec toute la bonne volonté qu’elle puisse avoir, elle se dirige vers un mur de béton ?

Notons que Me Hillinger n’est pas le genre de personne qui marque une pose avant de répondre. Aucun tic nerveux ne paraissait sur son visage, sinon ses yeux étaient figés dans un regard intense pour un petit moment puis comme libérée d’une contrainte, elle s’est déclenchée en moulin à paroles tournant à fond. La nouvelle commissaire à la déontologie policière est une vraie communicatrice même s’il lui arrivait de ne pas répondre à la question en l’esquivant subtilement à la recherche d’une issue pour mieux répondre. En survolant sa carrière, Madame la Commissaire s’est attardée sur son expérience en relation de travail, en négociation de convention collective et de sa pratique dans les médiations et les conciliations. Puis elle nous a parlé de son désir de vouloir assurer la paix sociale. Elle avait hâte, madame la Commissaire, de contribuer dans le domaine de la paix sociale au Québec.

En reprenant la parole pour lui laisser le temps de rassembler ses idées et de se concentrer, nous lui avons exposé la détresse des victimes de la brutalité policière et comment ces personnes soufraient de traumatismes en gardant des séquelles parfois permanentes. Nous lui avons apporté des exemples à crever le cœur. La force excessive des corps policiers n’est pas seulement non justifié, mais souvent ignoble. Alors qu’on essayait de lui transmettre quelques images de ces victimes, nous avons été surpris de constater que madame la Commissaire était au bord des larmes. Oui, les yeux brouillés de larmes pour quelques fractions de secondes, c’était bien la Commissaire à la déontologie policière en personne et pas quelqu’un d’autre. Puis, elle s’est affichée en statut de bronze pour dévier cet instant hautement saisissant. Elle n’a pas sauté dans le vide, madame la Commissaire, mais plutôt dans la quête de sa contribution à la paix sociale. Elle nous a assuré qu’elle va tout faire pour renforcer le dialogue et l’échange tout en portant une attention particulière pour ce qui est juste et ce qui ne l’est pas et ce, avec beaucoup d’humilité.

En quittant les bureaux de la déontologie policière, le portrait de cette dame de fer qui, espérons-le, ne sera point intoxiquée par les résidus du pouvoir, nous a accompagné en douceur le temps de mettre quelques ports d’attaches dans notre esprit en souvenir d’une femme fonctionnaire de haut niveau. 

Ferme ton tabernacle et dégage hostie d’immigré.

Le karma est puissance carrée : Mathieu Bock-Côté récolte ce qu’il a semé. 

Par Hadj Zitouni, MAJ

Vendredi, le 28 octobre 2022 

Décidément, le vœu de milliers de téléspectateurs Français qui ont eu ras le bol de Mathieu Bock-Côté et qui ne veulent plus l’entendre parler dans leurs téléviseurs, s’est amplifié ces derniers temps, de plus en plus fort. D’ailleurs, un animateur d’une émission diffusée en France sur les ondes de TMC, Yann Barthès[1] a fini par exhiber ce désir au plus haut en espérant que l’appel soit entendu.

Un écœurement pestilentiel qui ne vient nullement d’une divergence politique de droite ou de gauche, mais plutôt visant l’incompétence intellectuelle toxique chez ce personnage que la grande majorité des téléspectateurs français n’arrivent tout simplement plus à endurer. Honnêtement, il fait pitié ce Mathieu Bock-Côté sur les écrans de la télévision française. 

Au Québec ce personnage passe pour un sociologue, essayiste, chroniqueur, voire tête pesante et tout ce que vous voulez, sauf qu’en dehors de cet enclos, Mathieu Bock-Côté s’est buté, comme d’autres avant lui, sur des mesures draconiennes de sélections. Au départ, les épreuves ont fait de lui un intrus peu bavard et par la suite, malgré l’armature québécoise qui le tient debout à distance est devenu loquace et pour finir indésirable dans tout l’Hexagone ou presque.

Noter que les aventures de ce bonhomme de neige ne se déroulaient pas à Chicoutimi ou en Gaspésie, mais plutôt au pays de Voltaire où la marche d’entrer dans le cercle des intellectuels est trop élevée. Or, notre chum de Chicoutimi manque remarquablement d’étoffe pour accéder. Voilà pourquoi en aucun cas, Mathieu Bock-Côté n’a été accueilli à bras ouverts dans la sphère intellectuelle française, sauf chez une partie de l’extrême droite radicale et encore à quel prix?

Éric Zemmour, candidat à la présidentielle française en 2022 et fer de lance du mouvement radical de l’extrême droite était beaucoup plus confortable sur les plateaux télévisés quand Mathieu Bock-Côté se trouvait en face de lui. Attention! Ce n’est guère pour une valeur intellectuel ajoutée au débat, mais un appât en guise d’amener le concurrent sur des segments chers à ses théories.

Constamment sur sa défensive et très peu à l’écoute, Mathieu Bock-Côté est une vraie minoterie de paroles quand il se déclenche. Vocable mal broyé, souvent récupéré pour colmater des impasses imprévues. Il roule, Mathieu Bock-Côté, sur les mêmes idées cités et récités en pompe et si par maladresse il fut interrompu au moment de ses interventions, les mots se déstabilisent chez lui et à la sueur de son front, la parole devient inaudible à l’image d’un moulin en difficulté de fonctionnement. Ainsi notre chum, Mathieu Bock-Côté, s’enfonce dans le ridicule. Et très vite, il se métamorphose en bouffon d’émission. 

L’ascension fulgurante d’Éric Zemmour a fini par une chute brutale sans trop de bruit. Nous avons tous suivi cette descente vertigineuse des « adeptes du grand remplacement » et ses éclats qui remplissaient une quête presque insignifiante, sinon une dérive idéologique sur un pavé pratiquement dangereux qui ne peut amener qu’aux affrontements, voire la division, la violence et la haine. 

Éric Zemmour est un journaliste, écrivain, essayiste, éditorialiste, chroniqueur, polémiste, sauf d’être à mon avis un vrai politicien. Cependant, ici, il n’y a rien à comparer avec le chum de Chicoutimi qui porte sur les plateaux télévisés son complexe identitaire à deux mains. Il aurait pu être un peu meilleur, Mathieu Bock-Côté, s’il avait adopté une réflexion moins prétentieuse, humainement défendable et intellectuellement enrichissante au pôle de la diversité humaine.

Sans ouvrir la trappe de son obsession à l’égard de la question identitaire, le discours de Mathieu Bock-Côté appelle à la discrimination, à la stigmatisation et à la violence qui peut naitre chez les citoyens qui ne partagent pas son idéologie meurtrière. Il illustre chez ses cousins français l’exemple de l’immigré qui est venu se recycler en vue de retourner sur ses pas pour semer la division. 

En fonçant publiquement, mal adroitement son nez dans le chaudron de ses hôtes, Mathieu Bock-Côté avait enfreint les règles de l’hospitalité. D’emblée, il était repoussé, rejeté en hostie d’immigré. Au Québec, selon la théorie diachronique de l’immigration: tous les habitants du Québec, à l’exception des communautés autochtones, sont des immigrés ou descendants d’immigrés, sinon le dernier migrant arrivé sur le sol québécois est un Québécois à part entière. Donc, Mathieu Bock-Côté qu’il le veuille ou non, réside au Québec comme n’importe quel autre immigré. Il faut peut-être que sa pensée évolue un peu vers le principe de l’égalité naturelle s’il ne souhaite plus faire partie du statut « des hosties d’immigrés ».

Note : 

Pour les médias qui refusent constamment de nous publier, je vous rappelle simplement une citation attribuée à Voltaire et qui porte le sens de l’article 10 de la convention européenne des droits de l’homme qui protège la liberté d’expression :

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire ». La citation, nous savons très bien que vous la connaissez, mais arrivant au stade de vous la rappeler, c’est une autre chose.

Il reste que la censure est, malheureusement, un autre drame au Québec. 

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