Clinique juridique MAJ

Fouilles à nu illégales: l’aboutissement d’un recours collectif.

ASRSQ recours collectif
Nous invitons toutes les victimes de cette injustice de prendre connaissance d’un jugement concernant les fouilles à nu illégales et de remplir le formulaire pour la demande de réclamation.

Vous pouvez le trouver sur le site web de l’Association des services de réhabilitation sociale du Québec dans l’ongles recours collectif, selon le lien suivant : https://asrsq.ca/recours-collectif

Si vous avez des problèmes pour accéder au document, vous pouvez le télécharger directement à travers ce lien : https://asrsq.ca/assets/files/formulaire-reclamation-recours-collectif-asrsq.pdf

N’hésitez pas à nous contacter pour toute autre information.

Articles de promotion de Mouvement Action Justice

 Chers membres.

Nous souhaitons vous informer que le Mouvement Action Justice a procédé à la distribution de ses articles de promotion 2021. Ces articles qui sont offerts gratuitement visent d’afficher une meilleure visibilité au milieu de la population.  Notre clinique juridique, ainsi, que nos services tentent d’accueillir toute personne qui est dans le besoin. Nos œuvres sont, également, gratuites, portées sur une action largement bénévole.

Maintenant, celles et ceux qui souhaitent bénéficier à leur tour de ses articles, nous vous prions de faire la demande. Pour plus de détails, n’hésitez pas à contacter Mme Paula Gomez au 514 273-4302.

Le CA Mouvement Action Justice

15 juillet 2021

Mamadi Fara Camara et si c’était Mario Dumont!

Vendredi 5 février 2021

Accuser un homme injustement, salir sa réputation, voire le condamner et détruire sa vie, il n’y a rien de nouveau dans cette pratique policière qui persiste ici et ailleurs et qui continuera d’exister aussi longtemps que la conscience citoyenne hiberne encore dans l’insouciance. À ce stade, rien d’autre qu’un coup de barre-réveil ne la réanime de nouveau.  Une masse fracassante abondamment attendue, qui tarde malheureusement, a atterri, alors que les victimes sont de plus en plus nombreuses, la voix citoyenne minimisée au plus bas de son niveau, presque étouffée et très vite détournée par les médias vers l’oublie quelque temps après.

Le système qui encadre ces pratiques arbitraires s’éternise sans afficher de signes de faiblesses. De lui-même, il ne semble pas vouloir changer de trajectoire. Il se protège par ceux qui le nourrissent à longueur d’année sauf qu’il devient lourd à supporter, à digérer, chaque fois qu’une bavure semblable à celle de Mamadi Fara Camara se pointe à nous de nouveau. Cependant, nous sommes au XXIe siècle et nous avons toujours l’air de marcher à reculons.

Dans ce dessein, Mamadi aurait pu être n’importe quel autre citoyen à condition peut-être de ne pas être une personne noire, arabe, latino … minorités visibles de surcroit, comme on les surnomme ici au Québec. Être sur les lieux du crime pour que la machine du soupçon, de la brutalité et de l’injustice se met en branle, sans regard particulier ni précaution aucune.  Elle est programmée, cette machine plutôt pressée, aveuglée par moment à ce fonctionnement quasi habituel. Voilà pourquoi, il n’y a rien de nouveau dans cette pratique policière longtemps dénoncée et redénoncée en vain.

Malgré l’action de ce citoyen aussi noble qu’elle soit, Mamadi n’a pas échappé à la foudre de cette machine dévastatrice conduite par le SPVM. Arrivé sur une scène de crime par pur hasard, il communique avec le 911 en utilisant son cellulaire. Mamadi signale le drame qui se dessine à peine devant ses yeux. Il reste sur les lieux, il ne bouge pas, contraint à fixer la scène du crime comme un bon samaritain prêt à faire plus en cas de nécessité… Booooom, les agents du SPVM arrivent. Mamadi tente de témoigner, d’expliquer, d’écarter des soupçons qu’il voyait venir vers lui, mais malheureusement, aux yeux de nos policiers, Mamadi est le suspect incontournable d’un tel crime crapuleux. Soudain, tout s’est mis en marche à l’image d’une destruction. Désignés au premier plan, les médias qui ne ratent jamais une telle occasion se sont précipités à leur tour. Et voilà, sans souci aucun, Mamadi fut jeté un peu trop vite à la vindicte populaire. La présomption d’innocence n’est malheureusement pas pour Mamadi.  Revisionné la vidéo qui porte des réponses n’était pas apodictique, il fallait attendre six jours et par miracle qu’on revient accidentellement à cette preuve accablante. Et pendant tout ce temps-là, Mamadi demeurait écroué au fond de sa cellule.   

Les accusations sont graves, car Mamadi était non seulement accusé de voies de fait causant des lésions contre un policier, mais aussi d’avoir désarmé ce policier, d’avoir tenté de le tuer et d’avoir déchargé une arme à feu dans sa direction. Malgré le profil, l’absence de toutes preuves à charge et le témoignage direct de plusieurs personnes qui l’ont écarté d’un tel dessin, le SPVM signe et procède à son arrestation. Ils sont convaincus, hors de tout doute, qu’il est l’auteur de l’agression. D’ailleurs, quand il s’agit d’un homme semblable à Mamadi, le souci de chercher la vérité est totalement insignifiant pour nos policiers.

Mais dans ce nouvel épisode de bavures policières qui mettait en tête d’affiche Mamadi, un étudiant en maîtrise, accusé et incarcéré injustement pour un crime crapuleux, certains politiciens en guise d’apaiser les esprits réclament une enquête indépendante, le premier ministre qui se force de se brancher à la connexion de l’évènement dit vouloir faire la lumière sur le traitement qu’a subi Mamadi, la ministre de la Sécurité publique indique être en discussion avec la ville de Montréal pour trouver la meilleure formule pour faire la lumière sans nuire à l’enquête toujours en cours, alors que tout rapport est totalement exclu entre Mamadi et le brigand fugitif. La chef du parti libéral demande au gouvernement de déclencher une enquête indépendante. La mairesse de la ville de Montréal a réitéré l’importance d’implanter des caméras corporelles au sein des corps policiers, certains chroniqueurs de la Presse tricotent autour d’une fabrication d’erreur judiciaire, des proches de la victime réclament des excuses. Alors que Mario Dumont, un animateur de télé confesse à ses auditeurs qu’il a toujours défendu les policiers, mais pas dans ce cas-ci. Autrement dit, il défendait les policiers à tort ou à raison, mais devant une telle preuve disproportionnée, il a changé d’avis.  En absence de caméras de surveillances, la parole des victimes ne vaut rien. Personne ne va les entendre, alors que les versions des policiers sont presque souvent mensongères, contradictoires. Le hic en tout ça, elles sont rarement remises en question, sauf quand des images viennent les contredire.  Conclusion, notre animateur manque de jugement, sinon il court dans la direction de chaque vent qui s’active et ça, c’est humiliant.   

Vous voyez, tout le monde se met en œuvre le temps de s’assurer que la conscience collective continuera à hiberner et pourquoi pas éternellement, puis la roue revient à son point de départ comme si de rien n’était.  

Hadj Zitouni

Clinique juridique Mouvement Action Justice (MAJ)

Jeudi 10 décembre 2020

Le Mouvement Action Justice (MAJ) est un organisme à but non lucratif qui a été fondé en 1998. Le but ultime du MAJ est de dénoncer le non-respect des droits individuels et collectifs commises par les institutions gouvernementales et non-gouvernementales. Un meilleur accès à la justice est au cœur du combat que mène le MAJ. MAJ est proactif dans son milieu et dénonce continuellement les droits bafoués des citoyens qui sont parfois à bout de ressource. Si vous vous trouvez dans ce genre de situation, nous pouvons peut-être vous aider. MAJ a pour objectif d’accompagner les citoyens qui sont dépourvus de moyen et qui font face au labyrinthe que peut représenter le système de justice.

Pour accompagner sa clientèle, MAJ a mis sur pieds en septembre 2019 une clinique juridique offrant gratuitement conseils et informations juridiques. L’équipe, constituée d’un avocat spécialisé en droit criminel, d’intervenants sociaux et d’étudiants en droit, se fera un plaisir de vous transmettre toute l’information juridique qui pourrait vous aider à vous guider dans votre situation. Depuis l’instauration de la clinique juridique, nous avons donné plus d’une centaine de consultations juridiques gratuites.

Si nous ne sommes pas en mesure de répondre précisément à vos questions, il nous fera plaisir de vous orienter ou vous aider à trouver une solution. L’expérience de notre équipe et sa connaissance du milieu tant juridique qu’administratif québécois lui permettra de vous orienter vers des ressources adéquates.

Voici le genre de dossier que nous avons l’habitude de traiter :

  • Un policier n’a pas respecté l’une de ses obligations déontologiques dans le cadre de ses fonctions;
  • Un avocat ne respecte pas ses obligations éthiques et/ou déontologiques, ou ne rencontre pas vos attentes dans la prestation de ses services;
  • Un professionnel du secteur de la Justice aurait commis une faute à votre égard;
  • Accusations criminelles à l’endroit d’un justiciable;
  • Victimes d’acte criminel;
  • Problèmes de toutes sortes au travail, incluant notamment du harcèlement au travail;
  • Toute autre forme d’injustice

La clinique juridique Mouvement Action Justice est là pour vous. Pour vous informer, appuyer et accompagner. N’hésitez pas à communiquer avec nous!

Pour plus d’information, veuillez consulter le site web de MAJ à www.maj-quebec.com.

L’équipe  Mouvement Action Justice

Une vidéo qui déjoue le mensonge

Mardi 1er décembre 2020

En plein débat sur le projet de loi sécurité globale, le gouvernement français est mis en difficulté à son tour avec une énième vidéo virale, montrant un homme noir prénommé Michel Zecler, producteur de musique, se faire tabasser par trois policiers dans son propre studio d’enregistrement.

La vidéo a fait le tour de la toile et au-delà même des frontières de l’hexagone. Ce qui interpelle le Mouvement Action Justice aujourd’hui, au-delà de la brutalité et des bavures policières, sont les déclarations calomnieuses de ces derniers. Ils affirment, dans leurs dépositions, avoir agi sous la menace de la personne interpelle qui aurait tente de subtiliser leurs armes. Ils ont justifié par ailleurs la garde a vue de Monsieur Michel par des « violence sur personne dépositaire de l’autorité publique » et « rébellion ». La vidéo de camera surveillance vient quant à elle discréditer les policiers. La séquence est inouïe et choquante. Le parquet classe finalement les poursuites contre Michel pour entamer une nouvelle procédure contre les agents de police pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique » et « faux en écriture publique ».

Une telle situation est tout à fait transposable dans notre province du Québec. Lorsqu’un citoyen, un administré fait face à la police, sa parole ne fait jamais le poids. Nous sommes conscients que le travail, louable au demeurant, de nos agents, doit être protégé et garanti. Mais un équilibre reste a préserver pour toutes ces personnes faisant l’objet d’injustice, et pour qui, l’autorité compétente à les protéger, est auteure des infractions reprochées.

Mouvement Action Justice

Joyce Echaquan : à quand la fin des discriminations?

Lundi 23 novembre 2020

C’est avec beaucoup d’émotions que nous apprenions le 28 septembre dernier le décès de Joyce Echaquan, à l’hôpital de Joliette, dans des circonstances troubles.

Cette mère de 7 enfants, d’origine autochtone est morte sous les injures à connotation raciste et dégradante du personnel soignants.

La vidéo de ses derniers instants, filmée par Madame Echaquan elle-même, a provoqué une vague d’indignation non seulement dans tout le Québec, mais également au Canada et à l’international.

Mouvement action justice réitère ses profondes condoléances à la famille de la victime, et à la communauté autochtone.

Toutefois, nous continuons de nous questionner sur cette vague d’émoi qu’un tel drame suscite. Est-ce l’existence même des difficultés rencontrées par autochtones dans leurs relations avec les différents corps et démembrements de l’État qui nous choc et qui n’est malheureusement pas récente?  Est-ce la matérialisation de telles dénonciations par l’enregistrement de Madame Echaquan qui nous émeu ?

MAJ rappelle que ces lacunes ont déjà été mises en exergue dans différents rapports et notamment dans le Rapport final de la Commission d’enquête Viens et qu’il est plus que jamais primordial de suivre les recommandations de ce dernier. Il est nécessaire, dans l’objectif de faire cesser la discrimination systématique des peuples de premières nations et Inuits  dans leurs accès aux services publics, qui sont, inutile de le souligner, de droit.

Mettre le feu aux poudres est devenu incontournable pour obtenir des réformes !

Nuits d’émeutes à Minneapolis

HADJ ZITOUNI, président de Mouvement Action Justice
Vendredi, 12 juin 2020 23:30

Mettre le feu aux poudres est devenu incontournable pour obtenir des réformes !

La colère exprimée dans le calme de tous les manifestants québécois qui sont descendus dans les rues par milliers à travers la province dénonçant le racisme systémique et la brutalité policière est malheureusement un effort en vain, sinon un salut chaleureux à la mémoire de George Floyd, cet Afro-Américain tué injustement par un policier blanc à Minneapolis dans le Minnesota le 25 mai 2020.

Et malgré que François Legault, premier ministre du Québec fût sommé à son tour de reconnaître du bout des lèvres l’existence du racisme au Québec, sauf que celui-ci reste un hypocrite rusé parmi d’autres, qui expriment à moitié ou pas du tout l’énoncé afin d’empêcher tout changement profond.

La mort brutale et inhumaine de George Floyd avait entrainé des discussions à tous les niveaux des sphères sociales et politiques. Des affrontements même ont éclaté ici et là. Justin Trudeau, par exemple, ne partageait pas le constat de François Legault sur la question du racisme systémique au Québec et pourtant, à mon avis, ces deux élus n’ont jamais vécu le racisme dans ses formes répugnantes.

Mais force est de constater que des milliers de citoyens québécois sont descendus à plusieurs reprises dans les rues pour dénoncer les inégalités basées sur une couleur de peau, une origine ou une religion différente. Plusieurs commissions, institutions, analyses universitaires, travaux de recherche… ont affirmé que le racisme au Québec est systémique. Tous se sont rendus à la même conclusion. Ils l’ont déclaré aussi haut et fort, sans détour aucun pour que des gens comme François Legault se rendent à l’évidence qu’il n’est plus question, maintenant, de nier cette réalité. Dans cette veine, nous ne nous pouvons pas soigner un mal sans l’identifier clairement.

Après ces manifestations louables, j’ai assisté à une réunion de notre conseil d’administration et lors de nos discussions, j’étais surpris par la déclaration de l’un de nos membres qui s’est déclaré ouvertement raciste sans savoir pourquoi. Elle était mal à l’aise face au petit débat qu’elle venait d’alimenter. Pour se sauver la face, elle a finalement réfuté le blâme à quelques génétiques égarées quelque part dans ses gènes. 

Ainsi, ni François Legault ni d’autres n’arrivent à se défendre avec succès contre une telle aberration. Les hommes sont nés égaux, ce sont les mentalités en chute dégradante qui les éloignaient de la source. Hypocrisies, ignorances, orgueils, inconsciences, et j’en passe, demeurent un fort de glace invisible qui renforce les inégalités et divises les humains.

Ce n’est pas la mort de George Floyd qui avait mis le feu à la poudre à travers les États-Unis.  Un noir persécuté, violenté, abattu ou exécuté injustement par les forces policières aux États-Unis, ça ne date pas d’hier.
La mort de cet Afro-Américain était délibérément gratuite, un peu absurde, difficile à suivre l’exécution. Sa transmission sur les écrans avait heurté un nombre infini de personnes à travers le monde. Les images de ce meurtre captées clandestinement et diffusées partout étaient froides, choquantes, piquant à vif la conscience des vivants. Personne ne souhaitera vivre un tel châtiment aussi cruel, inhumain et dégradant. Hélas, elles sont nombreuses, voire très nombreuses, les personnes de couleurs qui sont mortes dans un tel dessin abusif, sauf que la réaction des citoyens américains n’a jamais été disproportionnée au point de retenir, figer le regard des décideurs face à une telle aberration.

Qui a mis le feu aux poudres et enflammé les États-Unis ?

Désormais, marches, protestations, occupations pacifiques des rues ne servaient finalement presque à rien. Le recours à des moyens purement démocratiques, civilisés n’ont réellement pas d’impact, sauf quelques bribes dans les coulisses du pouvoir et des promesses reportées continuellement à plus tard.

La mort de George Floyd nous a permis d’assister au réveil d’une conscience collective sans précédent. Il fut brutal ce sursaut de masse, longtemps souhaité, soupçonné, mais désespérément inattendu. Dans ce pays, la prise de conscience collective et son mode de fonctionnement semblaient désactivés depuis 1960.
Nous sommes devant un peuple hypnotisé dans sa misère qui vient de se réveiller. Un peuple pris par la peur, par la crainte, par l’incertitude qui l’entoure et l’étouffe. Ce peuple marginalisé qui vient de se réveiller, mais pas pour longtemps, il retournera forcément à son sommeil attendant des jours meilleurs, des jours qui risquent de ne jamais arriver.

Mettre le feu aux poudres et enflammer les villes secouent violemment la conscience des politiciens, les réveillent, les gardent vigilants aussi longtemps que le brasier ne serait pas éteint.  En 1787, Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis, l’avait reconnu et conseillé à ses concitoyens de se soulever chaque fois que l’impasse de l’injustice persiste.  « I hold it that a little rebellion now and then is a good thing, and as neccessary in the political word as storms in the physical »[1].

Il faut se lever contre les injustices. Si uniquement dans cette posture de réveil que liberté, égalité vous reviennent. Il faut de temps en temps, se soulever pour redresser les droits fondamentaux, ramener la paix dans le cœur des citoyens. Thomas Jefferson n’était pas gêné de le dire, de le rappeler à son époque. Autrement dit, quand vous portez le souci et la brûlure de l’injustice de votre société, il n’y a rien qui vous empêche de franchir ce pas. Désormais, le désordre apporte l’ordre bénéfique pour tous.       

Au Québec, ces jours-ci, ce n’est ni la mort de George Floyd qui a relancé vivement le débat sur le racisme et la brutalité policière, ni les flammes ou la colère des manifestants américains face à leur drame qui a mis Justin Trudeau à genou et fait avouer à François Legault l’existence du racisme au Québec, c’est plutôt la crainte de cette prise de conscience collective, ce réveil,  cette révolte, cette colère brûlante de nos voisins qui auraient pu contaminer le Canada et en particulier le Québec à sortir de sa civilité et mettre le feu aux poudres en quête d’éradiquer le racisme de nos sphères sociales.

Maintenant, est-ce qu’avec ces dernières contestations hautement pacifiques, daignent de reconnaissance et de respect, nos dirigeants vont-ils se tenir droit ensemble pour un changement  de cap?

Personnellement, j’en doute fortement.


[1] Paris.30 janvier, 1787

Activités de la Clinique juridique du Mouvement Action Justice

COVID-19 et activités de la Clinique juridique du Mouvement Action Justice

Nous traversons une période sans précédent avec le COVID-19. C’est pourquoi le Mouvement Action Justice suit attentivement l’évolution de la situation et les directives émises par les autorités gouvernementales ou sanitaires. Nous souhaitons respecter et encourager le confinement et les mesures de sécurité déployées à travers la province. Nous tenons également à rassurer les citoyens que nous prenons toutes les mesures jugées nécessaires afin d’agir de manière responsable en tant qu’organisme desservant les citoyens.

Lors d’un point de presse du premier ministre François Legault en date du 23 mars 2020, le gouvernement du Québec a choisi de réduire au maximum des services et activités jugées non prioritaires. Toutefois, les « services juridiques » ont été jugés comme des « services essentiels ».

C’est pourquoi le Mouvement Action Justice a décidé de maintenir les activités de sa Clinique juridique en faisant appel uniquement aux technologies de l’information, c’est-à-dire par téléphone, courriel ou visioconférence (Skype, FaceTime, Messenger, WhatsApp ou autre). Les périodes de consultation demeurent tous les mardis de 17 h à 19 h. La prise des rendez-vous continuera également tous les jours de la semaine de 9 h à 16 h.

N’hésitez pas à communiquer avec le Mouvement Action Justice si vous avez des questions.

Demeurons tous solidaires!

Mouvement Action Justice
4245, avenue Laval, bureau 5 AA,
Montréal (Québec)  H2W 2J6
Téléphone : (514) 273-4302, 
Télécopieur : (514) 273-9059 
Courriel : info@maj-quebec.com

25 mars 2020

Des larmes et des rires ridicules pour les victimes des bavures policières

Hadj Zitouni
Vendredi, 8 novembre 2019

Le 22 octobre 2019, c’était la date de la 10e vigile annuelle en mémoire aux victimes de bavures policières. Ils sont nombreux ceux qui sont tombés sous les balles de l’autorité policière à travers le Québec.

Cette journée commémorative était marquée par la présence notamment des mères de victimes de ces brutalités. Il y avait également des militants qui se sont donnés rendez-vous devant le siège de la fraternité policière.

Le choix de ce lieu de ce rendez-vous n’est pas anodin… En effet, les premières marches de l’édifice de la fraternité policière furent occupées par des banderoles affichant les photos de victimes dont les vies ont été malheureusement fauchées suite aux brutalités policières.

Ces manifestants ont voulu nous rappeler que la mort de ces personnes ne doit pas être insignifiante. Nous ne devons pas oublier ces individus, ces citoyens qui ont perdu la vie injustement dans des circonstances troublantes et inquiétantes. Ces citoyennes et citoyens n’auraient jamais dû mourir de cette façon.

Lors de cette vigile, il pleuvait doucement en cette fin de journée. Les organisateurs ont donné la parole aux participants. Les mères des victimes ont parlé en priorité et ont exprimé leur souffrance et douleur suite à la disparition de leurs enfants.

Les victimes étaient des adultes, mais elles restent néanmoins les enfants de ces mères. En effet, tout au long de cette vigile, les mères ne cessaient d’utiliser l’expression « nos enfants ». Ce substantif caractérise une protection parentale. Hélas, la force qui a arraché les vies de ces victimes était disproportionnée, car il y a eu un abus de pouvoir.

Les mères sont venues dénoncer ces enquêtes d’images embrouillant toutes vérités susceptibles d’introduire un policier devant une cour pénale. Des enquêtes, plutôt, des écrans de fumée, un peu trop opaques aux goûts amers venaient tristement alourdir les peines des plaignants. Ces mères ne souhaitent à personne de vivre de telles pertes injustifiées.

Toutes ces mères sont venues témoigner de leur douleur et du vide laissé par les disparitions de leurs progénitures, mais aussi du non-sens de ces fins tragiques. Il n’y a pas de façon plus brutale que celle d’enlever la vie à quelqu’un injustement. Voilà, peut-être pourquoi, ces mères n’ont pas réussi à faire le deuil de leurs enfants.

Lors de la prise de la parole : les voix de ces mères étaient étouffées, brisées, entrecoupées de sanglots. Elles espéraient la présence de politiciens à cette vigile et voulaient faire entendre leur désarroi au-delà de ce rassemblement! Il s’agit de vies, indiscutablement, qui auraient pu être épargnées.

Que puis-je vous dire? Entendre et sentir le chagrin d’une mère qui a perdu son fils, c’est une chose, mais l’entendre dénoncer une justice qui refuse de venir est toute autre. C’était émouvant de les entendre, ces mères déplorer l’injustice de l’impasse: Des enquêtes bidons miroitaient en guise de faire en dormir une population déjà hiberné à la longueur des années.

Toutes, sans exception, elles cherchaient cette justice qui fait, depuis longtemps, défaut au Québec : l’impunité policière règne.

J’étais triste de voir le peu de participants qui sont venus appuyer une telle cause. Je m’interrogeais : qu’est-ce qui est arrivé à cette société pour que ses citoyens ne réagissent pas devant un tel événement commémoratif ? Combien faut-il de morts pour réveiller les consciences face à une telle tragédie ? Il s’agit bel et bien de vies humaines qui ont été anéanties en raison d’une incompétence, d’une lâcheté démesurée, d’un acte de racisme envers autrui, d’une incapacité de gérer des moments de paniques et surtout le règne sans fin de l’impunité policière.

A la fin de cette journée du mois d’octobre, une nuit d’hiver à l’air précoce se profilait, le ciel pleurait en douceur, le vent soufflait comme pour éteindre des bougies commémoratives d’anniversaires. Les mères des victimes versaient des larmes chaudes en silence et derrière les fenêtres du rez-de-chaussée de l’édifice de la fraternité policière, soudain un groupe de curieux, fonctionnaires et policiers se sont empressés de voir le spectacle que la vigile semblait donner à l’extérieur.

L’indignation m’a saisi quand j’ai aperçu le président de la fraternité policière en train de rire au milieu de son équipe. J’ignore jusqu’à présent le contexte qui a mené ce rire difficilement justifiable, inapproprié à cette heure où les mères des victimes versaient des larmes de chagrin et de douleur. Je ne prétends pas que le rire visait la vigile. Je n’écarte pas non plus cette hypothèse, mais dans tous les cas : le rire n’avait pas sa place à ce moment précis.

NOTE : Le présent texte est construit d’après les notes du 22 octobre 2019