Note au journal Le Devoir :
Mouvement Action Justice perçoit comme restrictives et préoccupantes les décisions éditoriales négatives à propos de la publication des articles signées par Hadj Zitouni. Malgré l’intérêt public des articles soumis à votre journal, et les refus successifs de les publier, nous poursuivrons nos communications sur les réseaux sociaux. Notre participation au débat public continue avec détermination, constance et conviction.
L’équipe de Mouvement Action Justice
Cracher des grossièretés à l’endroit d’une policière qui ne faisait que son travail constitue une aberration et peut également relever d’une infraction criminelle. Le caractère des propos intimidants visait à entraver l’exercice de ses fonctions.
Il est donc inexact de prétendre qu’aucune poursuite ne pourrait être engagée contre cette personne, dont l’attitude semble motivée par une hostilité marquée envers les policiers.
L’outrecuidance de cet individu l’a conduit à divulguer un élément de preuve accablant contre lui-même. Insulter un policier dans l’exercice de ses fonctions n’est pas un phénomène nouveau. Il arrive que certains policiers abusent de leur autorité au point de pousser des contrevenants à réagir de manière excessive. Je ne dis pas que c’est la meilleure chose à faire, mais ce genre de dérapage peut survenir.
Dans le cadre de mon travail, je rencontre régulièrement des personnes qui affirment avoir été victimes d’abus policiers. Dans bien des cas, lorsque des interventions policières semblent abusives, les personnes visées se retrouvent elles-mêmes accusées, en vertu des articles 129 et 139 du Code criminel, pour entrave ou résistance.
Faute de preuves immédiates pour contester la version policière, ces victimes sont fréquemment contraintes d’entreprendre des démarches judiciaires longues et complexes pour se défendre contre des accusations qu’elles jugent injustifiées.
Cette réalité met en lumière un déséquilibre préoccupant entre les citoyens et les forces de l’ordre. Elle soulève aussi des questions quant à l’accès réel à la justice et à la protection des droits, en particulier pour les personnes se trouvant dans une situation vulnérable.
Il est compréhensible que l’administration de l’ancienne mairesse de Montréal, Valérie Plante, ait fait preuve de prudence face aux demandes de M. Dagher, directeur du Service de police de la Ville de Montréal, ainsi que de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, visant à adopter un règlement interdisant aux citoyens d’insulter les policiers dans l’exercice de leurs fonctions.
Une telle mesure, bien qu’elle puisse sembler légitime pour protéger les policiers, risque d’aggraver la situation plutôt que de l’améliorer. Interdire les insultes repose sur une notion floue et subjective, difficile à définir juridiquement. Cela ouvre la porte à des interprétations arbitraires et à des abus potentiels.
Dans ce contexte, des policiers pourraient accuser des citoyens sur la base de perceptions personnelles, ce qui créerait un déséquilibre important entre l’autorité policière et les droits des individus. Une telle dynamique risquerait d’éroder la confiance du public envers la police.
La liberté d’expression, protégée par les chartes, inclut le droit de critiquer les institutions et leurs représentants. Restreindre ce droit pourrait entraîner des dérives et une judiciarisation de comportements qui ne constituent pas une réelle menace à l’ordre public.
La prudence de l’administration municipale apparaît justifiée : plutôt que d’adopter un règlement aux contours incertains, il est préférable de privilégier des mesures équilibrées qui protègent à la fois les policiers et les droits fondamentaux des citoyens. La nouvelle mairesse a pris la même réflexion que sa précédente en déclarant, qu’il est trop tôt pour déterminer si Montréal a besoin d’un règlement pour empêcher les insultes contre les policiers.
Maintenant, que l’Assemblée nationale exprime son indignation face aux propos visant cette jeune policière est légitime. Suggérer, même à demi-mot, qu’une communauté entière soit mise en cause en raison du prénom du forcené franchit une ligne dangereuse.
Plus préoccupant encore : la récupération et l’instrumentalisation de ces propos, notamment la misogynie et la question du caractère culturel, par l’État à des fins politiques. Une telle dérive interroge le respect du principe d’impartialité et révèle un malaise profond dans le fonctionnement de notre démocratie.
Hadj Zitouni
Président du Mouvement Action Justice
Organisme en défense des droits
Montréal, 02 avril 2026
