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Lettre au ministre de la Sécurité publique

Lettre au ministre de la Sécurité publique

Lettre au ministre de la Sécurité publique

Chères lectrices et lecteurs, à la fin de cette courte présentation, vous trouverez la lettre que nous avons envoyée au ministre de la Sécurité publique, monsieur Martin Coiteux pour le rappeler d’une défaillance majeure qui pèse lourdement sur notre système de justice au Québec. Le ministre, ainsi que les membres du gouvernement, actuel et ancien, ont constamment été conscient de ce déséquilibre. Comment refuser aux familles des victimes qui ont perdu des proches, en main de l’autorité, le droit à une défense pleine et équitable devant les cours de justice? Ce n’est pas toutes les familles qui ont les moyens financiers d’acquitter les honoraires d’avocats chevronnés. Pour les agents de l’autorité qui sont impliqués dans ces causes meurtrières, la question ne se pose même pas. Qu’ils soient fautifs ou non, l’État lève la barre et ne met aucune restriction financière à défendre ces agents impliqués. Il reste maintenant les familles des victimes qui réclament justice. En vérité, la question ne devra même pas se poser. Une fois, le coroner en chef déclare la tenue d’une enquête publique, il devient, automatiquement, la responsabilité de l’État d’acquitter les frais judiciaires aux familles de ces victimes. Il est également honteux de voir ces familles encore endeuillées implorant au public cette sorte d’aide afin d’obtenir une défense à la hauteur de la partie adverse. Tous les politiciens sont conscients d’une telle dérive, mais personne n’a réellement le courage de se lever et dire « ça n’a vraiment aucun sens ». Obscure! Le tabou règne et personne ne se prononce. À la suite de cette dérive, nous avons constaté des familles de victimes qui ont renoncé à cet exercice trop douloureux. Elles ont tout simplement refusé de participer à ces tenues d’enquêtes.

Chers citoyens, vous allez trouver dans cette lettre envoyée au ministre de la Sécurité publique le 13 septembre 2017, l’exemple parfait de cette dérive de l’État, cette dérive de la gouvernance. Voilà, un exemple parmi d’autres qui nous fait honte avant qui que se soit. Savez-vous pourquoi? Parce que notre réaction demeure inerte devant les injustices et de ce fait nous sommes par notre silence, notre indifférence, plus coupables que le vrai coupable. Lui, Il voit d’un intérêt, un peu forcé de suivre cette ligne dictée et édictée. Une ligne de pouvoir abusif qui s’accrochera aussi longtemps que la sphère citoyenne restera insensible à cette injustice.

Vous avez probablement oublié ou même vous n’êtes même pas au courant de ce jeune ado qui a été abattu par un policier de la Sûreté du Québec le 16 novembre 2015 à Messines, en Outaouais. Je comprends que la mort de ce jeune peut avoir très peu de résonance sur vous, puisque nous sommes tellement habitués d’entendre, de lire, de voire dans les écrans télévisés ces séquences meurtrières à répétitions. Je comprends également que nos esprits inconsciemment réexpédient vers les poubelles de nos archives de l’oublie de telles séquences. Nous sommes malheureusement rendus à ce stade d’égoïsme et je ne pense même pas qu’on s’interroge à cet effet. Trop d’injustice et un album de photos souillées de sang d’innocents. Plein d’interrogations dans le vide et l’autorité veuille toute vigilante sur une société à moitié consciente d’une telle situation.

La mort de ce jeune ado, qui n’était nullement menaçant et encore moins armé, a choqué sévèrement les membres de sa famille, les membres de sa municipalité, l’opinion où la conscience citoyenne demeure un peu réveillée. La mort de ce jeune en définitive est inutile. Un coup de plus, sévère à la protection de la vie humaine.

Imaginez-vous, une infraction au Code de la sécurité routière sans conséquence aucune amène un policier de la Sécurité publique d’ouvrir le feu sur cet ado. Regarder cette séquence : sur un sentier étroit, situé dans un boisé, le jeune ado immobilise le véhicule qui conduisait, l’un des policiers s’approche du véhicule en tenant son arme à feu pointée sur le conducteur. L’agent ordonne au jeune de sortir de la voiture, celui-ci change d’avis, n’obtempère pas. Le policier tire un coup de feu. La vie de ce jeune est arrêtée là.

C’est hallucinant! Ce policier a décidé d’enlever la vie à cet ado sur un coup de tête. Maintenant, écouter le raisonnement de son oncle : il y’avait un million de façons de l’arrêter. Pourquoi ont-ils choisi la façon la plus brutale, la plus barbare? Et nous ajoutons, si le policier n’a pas fait feu, est-ce que ce jeune va s’évaporer dans la nature ou bien nous allons d’une manière ou d’une autre l’arrêté. Bref, Le SPVM a mené une enquête de poubelle. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales avait conclu que le policier qui a exécuté le jeune Brandon Maurice avait agi dans la règle de l’art et de ce fait aucune accusation n’a été retenue contre lui.

Mais heureusement dans une telle tragédie, le coroner en chef, Catherine Rudel-Tessier, a ordonné la tenue d’une enquête publique. L’enquête devrait déterminer les circonstances exactes de la mort de ce jeune ado. Autrement dit, en réalité, est-ce qu’on a pu éviter à cet ado et sa famille un tel châtiment?

Bien sûr, de grandes firmes d’avocat payées par le contribuable vont atterrir à la cour pour défendre le policier qui a choisi de mettre fin à la vie de ce jeune. Croyez-moi, ils vont le défendre et ce n’est pas juste eux qu’ils vont le défendre, c’est l’État en monument qui est derrière. Le système va se mettre en marche pour innocenter ce policier une seconde fois et cet exercice ne date pas d’aujourd’hui. C’est la règle de l’État à suivre jusqu’à nouvel ordre.

Mais ce qui demeure choquant, c’est que dans cette enquête dite publique les proches des victimes devront acquitter à leur tour les frais d’assistance et la représentation juridique s’ils veulent que cette cour ait réellement lieu, sinon, la comédie de l’État nous ouvre un nouvel épisode de son histoire.

Voilà pourquoi, nous avons demandé au ministre de la Sécurité publique de faire un effort dans ce sens afin qu’un semblant de justice paraisse proche d’un équilibre, en définitive, difficile d’obtenir.

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Brandon Maurice




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