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Une vidéo clandestine embarrasse le BEI

Une vidéo clandestine embarrasse le BEI

Après huit mois d’enquête, qu’est ce qui retarde le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) pour remettre son rapport sur la mort de M. Pierre Coriolan ?

Lors d’une intervention policière qui a mal tournée, M. Pierre Coriolan, un homme de race noire, âgé de 58 ans, a malheureusement, succombé à ses blessures dans des circonstances troublantes en date du 27 juin 2017.

Depuis cet évènement, le BEI est chargé de mener une enquête pour faire la lumière sur les circonstances de cette tragédie. Des agents de la SPVM sont sérieusement pointés du doigt.

A ce jour, la famille de M. Coriolan n’a aucune information compte tenu de la lenteur du BEI et de l’opacité de l’enquête qui dure depuis plusieurs mois. Elle est impatiente de connaitre les conclusions du BEI.

Aussi, la famille de M. Coriolan a publié sur internet une vidéo relatant cet incident. Cette vidéo, qui a été filmée à l’insu des policiers lors de leur intervention, devient une pièce à conviction et devrait avoir un impact sur l’enquête.

Ce nouvel élément démontre une réalité clairement inquiétante. Le BEI est sommé de rectifier les données de part et d’autre. Face à cette vidéo : le BEI va-t-il abandonner son mutisme et se prononcer finalement ?

Il est tout à fait évident que le BEI est sous les coups des projecteurs. Mis à l’épreuve avec cette fameuse vidéo, le BEI semble très embarrassé. Difficile également d’interpréter cette intervention disproportionnée autrement qu’en étant une bavure inconcevable. Une juriste française de passage à Montréal qui a minutieusement analysé les séquences de la vidéo, nous parle d’une exécution sommaire.

Nous imaginons que les auteurs de cette sinistre bavure baignent présentement dans l’eau chaude. En effet, la vidéo venait contredire leurs versions et mettre les enquêteurs sur une piste crédible. Les agents filmés par cette vidéo sont mis au pied du mur. Le contenu de cette vidéo est inhumain et ne les exonère en aucune façon. Il s’agit d’un vrai fiasco.

Nous vous rappelons qu’à chaque fois que le BEI est appelé à enquêter sur des décès ou des blessures graves causées par une arme à feu utilisée par un policier : ce dernier fait appel à l’expertise des corps policiers autres que ceux qui le composent.

En effet, le BEI regroupe des vieux de la vieille notamment une ancienne procureure en chef qui est la patronne dudit bureau. Cette personne a toujours travaillé dans le milieu de la police. Par conséquent, nous sommes forcés de vivre avec cette teneur, sans être, bien sûr, dupe de cette proximité gouvernementale. Aussi, le maintien du cordon ombilical ne semble pas vouloir se détacher de lui même. Ce qui amène nombre de personnes militantes et d’avocats en particulier à douter de l’impartialité du BEI.

Le BEI est entré en activité le 27 juin 2016. À ce jour, il a déclenché des dizaines d’enquêtes mais aucune accusation n’a été retenue. Ce bilan vierge, qui laisse entendre que la police n’a aucune tâche sur les mains, semble loin d’être convaincant. Nous sommes encore forcés d’avaler ces couleuvres pour l’instant, mais il y a toujours le moment de régurgiter le mensonge et partir de nouveau.

Nous sommes tous concernés par l’aboutissement de cette enquête en cours et allez y les deux pieds joints, « indépendante » si vous voulez!
Pour une fois, il faudrait que l’enquête soit juste et équitable c’est-à-dire poursuivre les auteurs de cette agressivité inhumaine devant la cour criminelle, les destituer devant leur comité disciplinaire.
Il faudrait aussi, un acte dissuasif pour redresser, renverser une vapeur très polluante. L’impunité policière reflète un mauvais calcul de l’État. Toutes les notions de droit rejettent d’emblée un tel comportement abusif.
Il fallait vraiment attendre qu’une vidéo clandestine de quelques minutes apparaisse au grand jour pour croire à l’abus de l’autorité. Une minute et quelques secondes de vérité ont réussi à déstabiliser le BEI et faire rougir tous les corps de l’autorité.

Cette intervention policière clairement disproportionnée montre une atteinte à la dignité humaine. Or, c’est le fondement même du droit international introduit dans la Déclaration Universelle des droits de l’Homme de 1948. Abattre un individu de cette manière c’est révoltant, indigne de tous les temps, incompréhensible, indécent… Comment sommes-nous rendus à ce niveau aussi bas ?

La mort M. Pierre Coriolan a choqué l’opinion au delà de nos frontières. Elle nous a glacé le sang. Il y avait des gens qui étaient terrifiés par le choc de ses images. L’intervention dévoile la brutalité policière à l’extrême. M. Coriolan a été abattu de sang froid.

Je vous invite à faire l’effort de revoir attentivement cette vidéo. Elle a quelque chose d’étrange, de l’ordre de l’insouciance étourdit.


En effet, on peut y voir : des chocs électriques des tasers, des balles en caoutchouc, des coups de bâtons télescopique, les cries et les injures ….
Le tout a provoqué l’épuisement de cet homme qui s’est vidé de ses forces devant un tel acharnement. Il s’est mis à genoux, anéanti, les mains sur le sol. Il n’y a pas de signe plus concluant que celui-ci pour comprendre que l’homme s’est finalement rendu à l’autorité.

Dans une telle position, le corps à définitivement lâcher prise et l’esprit s’est traîné ailleurs. Ce qui est abject dans cette histoire, c’est justement à ce moment précis où la victime semble dépourvue de tout signe d’agressivité, que l’un des quatre intervenants policiers qui se trouvait en arrière de sa meute s’est faufilé entre ses collègues pour se positionner face à la victime à quelques pieds seulement et faire feu.

Ce policier n’a vraisemblablement pas choisi le bon moment. On dirait qu’il était absent, détaché de l’action et venait de prendre acte qu’il y’a quelque chose qui se passait devant lui. Il ne suivait pas le déroulement de l’intervention. Son acte était totalement inqualifiable, épouvantable, incompréhensible. Est-ce que l’adrénaline peut rendre quelqu’un aveugle d’esprit et le pouvoir peut-il devenir aussi menaçant pour la vie d’autrui?

A propos du second policier qui s’est jeté sur la victime avec son bâton télescopique, il le frappait avec fureur, pour qu’il lâche un tournevis qu’il tenait en main, alors que celui-ci était à l’agonie, menotté au dos, il se vidait de son sang sous les coups de la matraque. Une mise à mort atroce, barbare, telle une volaille égorgée, abandonnée à son sort. Sous l’effet de cette cruauté, les mots m’échappent pour aller plus loin et décrire cette monstruosité humaine. Je suis en définitive révolté et nous devrons tous l’être.

Je ne me lasse de le répéter, Il s’agit d’une intervention policière disproportionnée qui a heurtée durement la conscience collective au-delà de la Province. Elle n’est pas la première en son genre et ne sera surement pas la dernière, juste que celle-ci est appuyée par une preuve accablante, difficile à la remettre en question.
Le BEI se tarde à trouver une interprétation, une excuse, un détour, sinon il foncera tête baissée vers la raison de son existence : l’impartialité de la justice.

Maintenant, nous sommes tous conscient qu’en l’absence de cette vidéo clandestine, cette intervention policière abusive, aussi disproportionnée qu’elle soit, serait passée inaperçue et ses auteurs demeuraient impunie.
Nous ne cessons de noter, avec le plus grand regret, qu’il y’a des centaines de cas d’injustice commises par les autorités policières qui se sont soldés par une fin de non recevoir. Face à la parole d’un policier, le plaignant est contraint de rebrousser chemin, déçu, parfois humilié au point de ne plus porter plainte à nouveau.

Hadj Zitouni, président

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